Rencontrer votre microbiote – comment les microbes nous affectent-ils ?

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Rencontrer votre microbiote – comment les microbes nous affectent-ils ?

Rencontrer votre microbiote – comment les microbes nous affectent-ils ? 

Toutes les maladies commencent dans le tube digestif - Hippocrates

Avez-vous entendu parler d’un des grands défis modernes?

Le père de la médecinele disait déjà il y a plus de 2000 ans et nous commençons tout juste à nous rendre compte à quel point il avait raison. Le milieu de la recherche s’est acharné dans les derniers vingt ans à révéler l’ampleur du phénomène. Parmi la communauté scientifique, c’est un nombre grandissant d’entre eux qui approuvent qu’un tube digestif en santé est l’un des pilliers clés pour la santé générale. Beaucoup vont même jusqu’à dire que maintenir, supporter et restaurer les fonctions optimales du tube digestif feront partie des plus grands défis de ce siècle.

Le microbiome humain, un résumé

Les cent mille bactéries couvrant chaque centimètre de votre épiderme, ou encore les milliers de milliards (100, 000, 000, 000, 000 ou 100 trillions) de microorganismes qui ont comme foyer et lieu de fêtes notre ventre : c’est ça le microbiome humain. C’est tellement un gros nombre que même nos cerveaux ont de la misère à le concevoir. Sa définition :La communauté écologique de microorganismes commensaux, symbiotiques et pathogènes qui partage l’espace de notre corps.

Notre tube digestif comprend 10 fois plus de bactéries que de cellules humaines à travers tout le corps, avec une variété d’espèces connues dépassant maintenant les 1200 (Étude livre). La conclusion déductive est que vous êtes plus bactériens qu’humains par nombre!

Pour beaucoup de gens, les bactéries sont signe de bestioles gluantes et puantes. Bien que certaines dégagent des odeurs et que certaines nous sont pathogènes, d’autres sont définitivement cruciales à notre survie et bienêtre. La science a confirmé que ces dernières assurent des fonctions essentielles telles que la régulation du métabolisme, la production de vitamines et nutriments, l’assimilation, la protection contre diverses infections et consistent en une bonne partie de la défense immunitaire.1 Impressionnant, n’est-ce pas?

Beaucoup comparent les colonies de bactéries que nous contenons en nous au cours de notre vie à une forêt. Sa diversité pourrait être celle d’un grand champ de maïs avec quelques espèces différentes ou au contraire une grande variété comme la forêt amazonienne. Cette diversité serait un bénéfique et désirable !        

Définition d’une bonne bactérie commensale : Des bactéries qui sont bénéfiques ou qui au moins ne sont pas dommageables pour l’hôte. Au contraire des pathogéniques qui en tirent des bénéfices et lui créer des dommages.

Notre contact àla naissance avec les bactéries

 

Nous concevions avant les tout juste naissants comme essentiellement stériles. Ils seraient en fait rattachés très rapidement à la terre, colonisée (en symbiose?) par des bactéries. Ces dernières furent remarquées déjà dans les premières scelles (Études livre). On se questionne toujours à savoir si avant la naissance ce partage bactérien aurait lieu, mais on sait que lors d’une naissance naturelle, il y aurait une colonisation bactérienne rapide sur le nouveau-né. Celles-ci se passeraient à partir de la flore intestinale et vaginale de la mère sur la peau et même par ingurgitation chez le bébé. Ce serait donc le début de notre accord d’échange avec les bactéries. (Étude livre 26)

 

On ne leur échappe pas. À l’opposé de la version naturelle, la césarienne ferait plutôt la promotion du passage des bactéries présentes sur la peau, celles-ci provenant souvent de l’infirmière ou du médecin responsable. (Étude 29 du livre) Les craintes des chercheurs sont maintenant tournées vers la potentielle réalité que ces enfants sous-exposés aux microbes intestinaux et vaginaux de la mère auraient plus de risques de développer des maladies de l’immunité comme les allergies, l’asthme et des maladies auto-immunes. Cette hypothèse expliquerait, en partie du moins, pourquoi les études épidémiologiques montrent que ces enfants développent en jeune âge ou plus tard à l’âge adulte ces maladies comme l’obésité ou le diabète de type I. (Étude 30,31 du livre)

 

Pour ce qui est des premiers épisodes de la vie de l’enfant, il semblerait que ces moments affectent aussi le développement du microbiote. En fait, la diète des premiers développements serait hautement influente sur la diversité bénéfique ou non des microbes. Les enfants nourris par le lait maternel bénéficieraient de nombreux nutriments intéressants favorisant une bonne santé et une diversité intestinale. On pourra nommer, entre autres, les oligosaccharides du lait maternel Définition :Une forme unique d’oligosaccharides qui se trouvent uniquement dans le lait maternel et indigeste par l’enfant. Dans ce cas-ci, les saccharides sont indigestes par l’enfant sont utilisés par les bactéries qui produiront des métabolites contribuant à nous nourrir. Les scientifiques se sont maintes fois questionnés pour savoir pourquoi ces sucres étaient présents dans le lait maternel si ce n’est pas pour nourrir le bébé. L’exploration de la science du microbiome nous a apporté cette réponse.

 

Des ‘’appels téléphoniques’’ constants avec le système immunitaire 

 

Les microbes nous parlent, et nous leur parlons; c’est une communication bidirectionnelle.

C’en est une d’importance, puisqu’elle affecte les ‘’set points’’de l’immunité.

 

Il est maintenant su des chercheurs et de certaines personnes du milieu clinique que les probiotiques, sont aptes à réguler les vecteurs de l’immunité par une communication efficace et active envers les leucocytes. Un exemple est celui des lymphocytes T régulateurs qui reçoivent des messages d’activations en provenance des microbes intestinaux.Définition des Lymphocytes T Régulateurs : Ils des cellules composants le système immunitaire qui supprime la réponse immunitaire dirigée des autres cellules.Toutes sont en lien direct avec les messages de nos microbes! Donc, il serait hypothétiquement acceptable de dire que si nous avons un équilibre intestinal, nous avons un équilibre systémique et qu’un déséquilibre prononcé, chronique de la flore serait lié aux pathologies chroniques.

 

Le microbiote et les pathologies

 

Le but de cet article n’est pas de nous attarder longuement sur les mécanismes sous-jacents physiopathologiques de nos troubles modernes et comment ils sont liés avec nos choix de vie et leurs répercussions sur les bactéries vivantes avec nous. Voici tout de même certaines des maladies étant confirmée ou fortement soupçonnées comme étant basées dans un déséquilibre intestinal:

-Les maladies auto-immunes2

-Les désordres métaboliques et l’obésité3

-L’anxiété et la dépression4

 

Le cas de l’utilisation à outrance d’antibiotiques

 

On se rend compte que le microbiome peut rebondir, mais certaines études pointent maintenant vers le fait que nos amis dans le tube digestif ne se remettent pas de la prise d’antibiotiques. En fait, avec chaque prise d’abx, nous ferions des dommages accrus à la communauté bactérienne présente. Ils qui affectent significativement et rapidementla composition bactérienne intestinale5.

À la base, ils n’étaient pas développés pour épargner une colonie et d’en éliminer une autre. Ce sont, en quelque sorte, des armes de destructions massives.

 

Dérèglements du microbiote et habitudes de vie moderne

Loin de nous l’idée de démolir certaines avancées cruciales, mais à quel prix doit-on les conserver si elles ne nous servent plus comme on le croyait autrefois? L’industrialisation, l’urbanisation massive, la surutilisation des antibiotiques, la médicalisation excessive des accouchements, l’aseptisation de nos vies (antibactérien ici, Purell là) sont toutes des responsables de la situation dans laquelle nous sommes.

 - D’autres types de médications comme la pilule contraceptive et les anti-inflammatoires non stéroïdiens;

- Les diètes hautes en glucides transformés, aliments transformés et en sucre, les diètes trop basses en fibres digestives;6-7

-Les toxiques provenant de l’alimentation ou les toxines bactériennes qui sont causées avec la perméabilité intestinale;

-Le stress chronique;

-Les infections chroniques et leurs sous-produits;

-Agents sucrants artificiels. 8

 

Métabolites nutritifs - l’importance des fibres

 Les bactéries mangent, défèquent, se reproduisent et vivent! Lorsqu’on consomme des aliments, nous les nourrissons à chaque fois. Certaines bactéries aiment certains aliments et d’autres choisiront leurs préférences. Nous avons précédemment défini les bonnes bactéries (probiotiques). À partir de cette définition, nous savons donc que celles qu’on préfèrera chez nous seront celles qui produisent des métabolites bénéfiques à partir de nos aliments. Parmi les ‘déchets’ produits par ces microbes, les acides gras à chaines courtes sont parmi les plus intéressants sur le plan de la santé, et même de la thérapeutique. Définition : Les acides gras à chaines courtes ou référées comme des acides gras volatiles possèdent moins de six carbones. Ils sont principalement produits à partir de la fermentation des fibres dans le colon et absorbées par la veine porte durant la digestion des gras.On pourra nommer le butyrate qui est important pour fournir de l’énergie de premier plan aux cellules du colon, apportant protection et propriétés anti-inflammatoires, utilisées dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin comme la colite ulcéreuse et de Chron’s ! 9

Même si vous ne mangez pas que du McDonald’s ou du surgelé, vous pouvez quand même affamer cet organe bactérien dans votre tube digestif. Un exemple? Vous mangez deux œufs et bacons, sans légumes, sans fruits et avalez un café trop rapidement. Le midi, un sandwich (même sans-gluten) aux grains raffinés avec du thon-mayonnaise et laitue verte, le tout accompagné d’une banane. Le soir un poisson, riz (blanc) et légumes verts, achetés congelés et (trop) cuits. Très peu de fibres se rendent ultimement au colon dans ce mélange alimentaire. En plus, notre exemple est assez généreux, car beaucoup de Canadiens font de pires choix. Quand c’est ce qui arrive, et à répétition, les bactéries voulant éviter de mourir vont se tourner vers notre propre barrière de mucus (Étude livre 95)qui contient des sucres complexes! Les problèmes inflammatoires viennent par la suite de cette destruction…

Bonne nouvelle : des chercheurs se sont rendus même jusqu’à observer la réhabilitation de la diversité par l’apport des divers aliments contenant des fibres (étude livre 97). On connait maintenant par plusieurs études la capacité de recolonisation de l’intestin par entre autres l’alimentation. Mais, sur un ton plus triste, ces mêmes chercheurs ont aussi découvert que le déclin multi générationnel était possible et pouvait devenir irréversible quant à la richesse du microbiome, du moins chez les souris (Etude livre 98). Il serait important de briser le cercle vicieux et de passer aux générations futures une variété de bons microbes.

 

Comment nourrir son microbiote

Attention, les mentions faites plus haut sont intéressantes et bien qu’il est vrai que de façon générale nous mangeons trop peu de fibres (USDA : les Américains ont une moyenne de 15g, Santé Canada : 19g pour les Canadiens), il serait ridicule et même néfaste d’essayer d’être au même stade que nos ancêtres en un jour, alors que ceux-ci en consommaient jusqu’à 10 fois plus. Nos bactéries demandent du temps pour s’adapter. Aussi, s’il-vous-plait considérer que certaines fibres, surtout les insolubles trouvées dans les grains, les légumineuses et ailleurs, sont parfois irritantes pour les individus ayant un tube digestif compromis dans son intégrité. La première étape dans des cas d’inflammation des tissus ne sera surement pas d’y ajouter du feu. C’est le sujet d’un autre article. Si vous avez des doutes, allez-y graduellement dans l’ajout de fibres, privilégiez les solubles qu’on trouve dans les fruits, plusieurs légumes et miser sur les tubercules. Consulter un naturopathe, nutritionniste ou professionnel de la santé avec un œil sur la nutrition clinique n’est jamais une mauvaise idée.

 

Conclusion

Les mécanismes des probiotiques sont complexes, encore en stades d’exploration, mais nous avons plus que dépassé les débuts d’explorations. On peut toutefois savoir que de façon générale, les organismes de l’alimentation ou acheter sous la forme d’un supplément alimentaire, ne prennent pas résidence permanente dans le tube digestif, mais auront des actions lorsqu’ils passent à travers notre communauté.

C’est le cas du produit Bio-K Plus, dont les souches et doses sont maintenant prouvées en double placebo randomisé pour agir efficacement lorsque localement présentes dans le tube digestif pour contrer les effets de la surcroissance de souches deClostridium difficile. 10

Nous aimerions avoir votre avis concernant cet article. Le prochain article sera entièrement consacré aux critères de sélection pour arriver à la prise d’un bon probiotique et à des conseils sur le maintien d’une bonne écologie intestinale.

 

SOURCES

 DESAUTELS-MARISSAL, Marianne (2016). Mille milliards d'amies - Comprendre et nourrir son microbiome (Éd. 1).Montréal, Canada : Cardinal.

SONNENBURG, Dr. Erica & Dr. Justin  (2015). How The Gut Microbiota Affects Our Health (Dr. Ronda Patrick) [Vidéo Web]. https://www.youtube.com/watch?v=gOZcbNw7sng (Janvier 2017).

 1KRESSER, Chris (2014). Gut Health Pdf [En ligne]. www.chriskresser.com(janvier 2017)

2 http://www.eurekalert.org/pub_releases/2016-07/mc-sgb071116.php 

3Ley, R. E. (2010). Obesity and the human microbiome. Current opinion in gastroenterology, 26(1), 5-11.

4 http://www.cell.com/trends/neurosciences/abstract/S0166-2236(13)00008 8?_returnURL=http%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0166223613000088%3Fshowall%3Dtrue

5 Ambrose, N. S., Johnson, M., Burdon, D. W., & Keighley, M. R. B. (1985). The influence of single dose intravenous antibiotics on faecal flora and emergence of Clostridium difficile. Journal of Antimicrobial Chemotherapy, 15(3), 319-326.

6 Blaser, M. (2011). Antibiotic overuse: stop the killing of beneficial bacteria. Nature, 476(7361), 393-394.

7 BLASER, Martin J. et FALKOW, Stanley. What are the consequences of the disappearing human microbiota?. Nature Reviews Microbiology, 2009, vol. 7, no 12, p. 887-894.

8 Suez, J., Korem, T., Zeevi, D., Zilberman-Schapira, G., Thaiss, C. A., Maza, O., ... & Kuperman, Y. (2014). Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota. Nature, 514(7521), 181-186.

9 Wong, J. M., De Souza, R., Kendall, C. W., Emam, A., & Jenkins, D. J. (2006). Colonic health: fermentation and short chain fatty acids. Journal of clinical gastroenterology, 40(3), 235-243.

10Gao, X.W., M. Mubasher, C. Zhang, C. Reifer, K. Zhang. 2010. Dose-response Efficacy of a Probiotic Formula in Reducing Antibiotic-associated Diarrhea and Clostridium difficile - associated Diarrhea Incidence: A Double-blind, Randomized, Placebo-Controlled Study. American Journal of Gastroenterology, 105(7):1636-1641.

 

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